Toc Toc Toc !

« HYPNOSES 2014 »
Colloque proposé par l’ARCHE à Paris, les 27 et 28 septembre

Version poétique, théâtrale et hypnotique 😉

Toc, toc, toc, toc, toc, toc, toc ! TOC !… TOC !… TOC !

Nous sommes dans une salle de théâtre, seuls quelques spots illuminent la scène… Les bruissements de voix se tuent rapidement. Vous vous enfoncez un peu plus confortablement dans votre siège.Vous attendez, attendez d’être surpris, séduit, happé par la magie !

Sur scène, vous observez un vieux fauteuil confortable, en cuir semble-t-il, deux hauts tabourets et un lutrin. Tout est vide, le silence s’est maintenant fait… Vous n’osez plus bouger, vous attendez !

Et voici que, sous les projecteurs, apparaît un premier personnage qui – d’une voix de stentor – demande à la salle – à vous donc :

« Pourquoi êtes-vous là… aujourd’hui ? » La réponse est essentielle… Paraît-il !

Un deuxième personnage apparaît qui – lui – nous dit : « Le désir doit être plus fort que la peur ! »

On déglutit…

Une – belle – femme apparaît, nimbée de lumière et… nous murmure : « Utilisez le GPS que vous avez dans la tête pour aller dans la bonne direction… Soyez le Tour opérateur de là où vous voulez vous rendre ! »

Ouf… enfin quelqu’un qui nous guide ! Alors vous vous enfoncez un peu plus dans votre fauteuil, yeux et ouïes grand ouverts…

Voici Monsieur Loyal qui apparaît maintenant , l’index levé, et nous donne un cours magistral sur le désir… Ca parle de ci et de ça et un peu plus de cela et un peu moins de ceci, tout en étant tout cela, le ça, le sur moi et en dessous le moi !

Je baille… Il fait chaud… On avait envie de magie !

Mais voilà que, sans prévenir, un ingénieur – du changement, s’il vous plaît ! – prend la relève :
« Cette salle est comme votre inconscient… grand et sombre… et votre conscience est ce qu’illumine cette lampe de poche : De petits fragments de lumière par-ci, par-là.
On sent beaucoup de petites lampes de poches qui essaient de se faire aussi grosses que le soleil…

Mmmh…. ça nous donne à réfléchir… Vous ne savez plus très bien si vous êtes spectateur ou acteur !

Et voici qu’on nous propose un Thé Du Verger ! Cela dédramatise le tout, ouf ! Tout cela n’est que du théâtre, et bien plus encore ! « Oubliez le théâtre et partez de vous même » disent ces volutes…

« Plus facile à dire qu’à faire ! » marmonnez-vous ! « Mais si, c’est facile ! » susurre une douce voix à notre oreille « Faites comme moi, écoutons notre meilleur ami Alain Tuition ! »

Dit comme cela: « Oui, on adhère mais… comment faire ?! »

« Facile ! », répond un nouveau personnage : « Prenez quatre feuilles de papier, collez-les sur le mur, faites-en une fenêtre sur vos rêves et écrivez-y tous vos rêves ! »
« Ah bon ?! » se dit le public « C’est vraiment aussi simple ?! »

« Mais oui ! Change si j’te plais ! » dit une nouvelle voix. Quelque peu étonné, le public remue dans son fauteuil….

Une voix féminine – douce et pourtant déterminée – intervient alors : « Mais enfin ! C’est simple ! Créée une synergie entre ton intelligence arborescente et ton extrême sensibilité ! »

Ah ? Bon, OK alors… » te dis-tu dans ton fauteuil, un peu à l’étroit quand même entre le genou de ton grand voisin et le coude de ta volumineuse voisine…

C’est alors que la voix de la sagesse, celle du médecin, du psychanalyste même, se fait entendre :
« Suis-je normal ? »
Ravie, vous apprenez qu’il n’est question que de se rassurer par-rapport à ses propres pulsions… Ouf ! Voilà qui règle tout., on respire un bon coup et on s’assied bien droit dans son fauteuil !

Sauf que… un lad, sorti d’on ne sait où, vient nous raconter une histoire de cheval et de cavalier !
Si je comprends bien, mon inconscient serait un alezan et son cavalier serait mon mental ?!

Au tour du commandant d’escadrille : Il nous raconte un avion large de soixante mètres, qui possède une voix, deux yeux, et huit pilotes, le tout volant à six cent kilomètres à l’heure, magnifiquement structuré en « phi ». Sa musicale voix nous guide comme un chef d’orchestre usant de son diapason, de tempo et d’intonations qui donnent la cadence. « La voix donne la voie ! C’est comme faire d’un exercice de physique une oeuvre d’art »

« Mais oui, c’est bien cela ! » clame alors la voix de l’écrivain (ou de la fourmi, ou de l’ange, ou de l’arbre peut-être) « Le rêve éveillé est hypnotique et c’est un art ! »

Applaudissements, forts, bis, et ter.

La salle se vide petit à petit, la scène s’est éteinte, les acteurs et leurs personnages ont disparu… le public s’en est allé. Je reste seule dans mon fauteuil, confortablement installée : Je suis en train de me raconter des histoires, de trouver des réponses aux questions…

Une interrogation lancinante tricote pourtant sa ronde dans ma tête : « Pourquoi suis-je là… maintenant ? »

Et lorsque j’ai trouvé les réponses à toutes les questions, alors je me baisse, ramasse mon sac à trésors, prend la plume laissée par le poète, et m’en vais, le coeur léger…

Je vous laisse, ami lecteur – à votre tour – prendre le temps de ressentir ces questions et propositions, et d’y trouver vos propres réponses, qui seront aussi légères que la plume que voici.

Alors le rideau tombe, se referme, et il ne reste que…. Et ensuite, qu’en faites-vous ?

Cécile Wyler Roulet – www.sigmasolutions.me – 2014 – Tous droits réservés