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Les processus internes

Extrait de « Comment transformer votre vie avec les thérapies courtes », pp. 55-57 :

 

Processus non conscients

Ils relèvent de tout ce qui est inné et qui fonctionne donc de façon automatique : la régulation physiologique par le système neurovégétatif, les émotions de base, etc. Bref, ce qui concerne notre survie.

Processus conscients

Ce sont des processus cognitifs qui portent sur quelque chose. Ils font appel à un ou plusieurs sens et

« on sait » qu’on est en train de les expérimenter ; nous ne les vivons en principe qu’en état d’éveil, bien que ceux qui pratiquent le rêve lucide aient développé la capacité à savoir qu’ils sont en train de rêver et ainsi à pouvoir agir sur leurs rêves.

Ces processus sont conscients quand il y a cohérence entre la réalité externe et la représentation mentale qui en est faite. Ce sont eux qui nous permettent d’apprendre et de mémoriser.4 Il s’agit

d’un processus et d’un langage qui sont rationnels et logiques.

Processus inconscients

Les processus ci-dessus deviennent inconscients lorsque, à la suite de stimuli internes ou externes, de nouvelles associations neuronales se forment, entraînant des représentations internes (ou cartes mentales) n’ayant plus de lien direct avec la réalité factuelle extérieure.

Nos processus inconscients sont à même de traiter les informations reçues infiniment plus vite, et souvent de manière plus efficace, que nos processus conscients et rationnels. On sait par exemple que notre cerveau prend une décision environ sept à huit secondes avant que celle-ci ne devienne consciente !

C’est possible en raison des associations automatiques et instantanées qu’il fait avec l’immense « banque de souvenirs » dont il dispose. Ces souvenirs proviennent de toutes nos fenêtres sensorielles, de toutes nos expériences, in utero également, ainsi que de celles de nos ancêtres qui se sont inscrites dans nos gènes.

Ces compétences inconscientes sont, elles aussi, directement liées à notre survie. Nos processus inconscients, et contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, fonctionnent de façon parfaitement logique, même s’il s’agit d’une logique différente de celle de nos processus conscients. Cette logique, qui est une forme de raisonnement, se fait par associations ou analogies.

« […] La plus grande contribution de Jung au développement de la psychologie a été la notion d’un inconscient, considéré non pas, à l’instar du subconscient de Freud, comme le débarras des désirs refoulés, mais comme un monde constituant une partie aussi importante, aussi réelle de la vie de l’individu, que celui du moi conscient, « pensant », un monde bien plus vaste et bien plus riche que

l’autre. Le langage et les personnages qui peuplent ce monde sont des symboles […] »5

Notre inconscient est donc capable de logique et de raisonnement en utilisant un langage : celui des symboles et des métaphores ; il s’agit d’un langage imaginaire et figuratif qui fait

appel au « comme si » ; celui-ci a sa propre logique.

L’autohypnose, en nous permettant de nous connecter à nos processus inconscients et à leur logique associative et symbolique, nous offre la possibilité de choisir notre qualité d’être ou – plus précisément – de choisir en conscience la qualité de nos états intérieurs.

Nous devenons ainsi plus conscients de la façon dont nous fonctionnons, nous nous comprenons mieux et pouvons, dès lors, accéder à une plus grande liberté intérieure. Une façon de reprendre les rênes de notre être et de notre vie. Il est donc important d’avoir compris le fonctionnement de ces processus internes : cela nous permet de passer en conscience d’un mode à un autre.

 

Les traumas et le syndrome post-traumatique

Quand une peur soudaine nous assaille, deux petites amandes situées au centre de notre cerveau, qui constituent l’amygdale, ont une action précise : l’alerte. Dès que le danger est détecté par les sens, l’amygdale provoque une augmentation des battements cardiaques et permet aux muscles ainsi irrigués de se préparer aux deux [trois]6 actions de survie : combattre ou fuir [ou faire le mort].

Accessoirement, l’amygdale provoque d’autres effets : les poils se hérissent (vieille programmation qui permet de donner l’impression d’être plus volumineux afin d’impressionner l’adversaire), le corps prend automatiquement une posture d’attaque ou de préparation à la course (genoux fléchis, dos courbé), la cortisone est diffusée dans le sang (pour gérer la douleur en cas de blessures).

En même temps, l’amygdale éteint ce qui pourrait ralentir la fuite ou le combat : la zone du cerveau qui réfléchit, le néocortex. Quand nous sommes agressés, nous nous mettons donc automatiquement en mode Action et non plus en mode Réflexion. Si par exemple un homme est en train de compter le nombre de fourmis qui passent sur un chemin et qu’il voit un serpent surgir des herbes, il va instantanément oublier le nombre de fourmis. Quand le serpent sera éloigné ou vaincu, son cerveau stoppera l’alerte de l’amygdale.

Une fonction est précisément prévue pour le retour à la normale : celle des deux hippocampes qui touchent l’amygdale, deux longues spirales qui éteignent l’alerte et permettent au néocortex de se rallumer. Dès que ces hippocampes agissent, le cœur s’apaise, les muscles évacuent les toxines, le cerveau peut réfléchir et analyser les dégâts, trouver des stratégies logiques pour éviter que cela ne se reproduise. Cependant, chez certaines personnes, même si le danger réel est passé (le serpent s’est éloigné ou a été tué), l’amygdale ne cesse d’envoyer le signal d’alerte, car elle considère que la situation est grave malgré tout, et qu’il faut rester prêt à se battre ou à fuir [ou à faire le mort] (il peut y avoir d’autres serpents cachés dans les fourrés). Comme l’alerte est permanente, l’amygdale finit par produire une substance acide qui ronge les spirales des hippocampes. Comme si la sirène d’alerte, après avoir averti, continuait de monter en volume au point d’assourdir les pompiers et de les rendre inopérants. Sans système d’apaisement, la personne se sent en permanence agressée. Le néocortex étant désactivé, elle devient incapable de raisonner, donc d’écouter les personnes susceptibles de la calmer. [sidération – transe négative]

Si cet état d’activation de l’amygdale persiste, la personne entre alors dans une rage permanente qui entraîne un état dépressif et paranoïaque. Et plus cela dure, plus il devient difficile de relancer le fonctionnement normal du cerveau puisque le néocortex est éteint. La seule solution connue est l’ingurgitation d’antidépresseurs, mais ceux-ci ne font qu’atténuer le signal d’alerte. Dès qu’on les arrête, tout recommence. Sur le long terme, les seuls moyens d’apaiser l’amygdale et de reconstruire les hippocampes sont : le sport, le rire, l’amour physique [l’hypnose et l’accompagnement existentiel en général]7

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4 François Ansermet et Pierre Magistretti, A chacun son cerveau.
5
Introduction de John Freeman) in Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles, Ed. Robert Laffont, 1964, p. 12

6 Tous les termes entre crochets ont été rajoutés par l’enseignante

7 Bernard Werber in « La voix de la Terre », Poche, 2014 – Les circuits de la peur, p. 124

 

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