Métaphores ouvertes

Il s’agit d’une merveilleuse technique que j’ai découverte en formation d’hypnose et approfondie avec l’ouvrage d’Olivier Lockert « Métaphores »; je l’utilise avec plaisir et succès.

En voici le déroulement :

Un premier temps de discussion durant lequel mon client m’expose ce sur quoi il désire travailler ; mes questions sont orientées de façon à ce qu’il en parle d’une façon métaphorique comme par exemple : « C’est comme si j’étais dans un labyrinthe » ou « Je me sens vraiment au pied du mur » ou encore « J’ai la sensation de ne plus avoir pied ».

Dès que la métaphore apparaît, je dialogue avec lui afin de le guider à l’intérieur de celle-ci. Mais avant de partir à sa découverte, je fais en sorte qu’il soit tout à fait détendu afin que son esprit puisse cheminer – naturellement et paisiblement – dans sa métaphore. Ceci afin de résoudre sa problématique ou d’atteindre son objectif.

Et un exemple concret :

Mon client (que nous appellerons X) est arrivé tout éteint, sans ressort et découragé.

X : C’est comme si j’étais dans un labyrinthe avec des voies sans issues et que je reviens souvent en arrière.
D’accord. Vous êtes dans un labyrinthe, et comment est-il ?
X : Je vois quatre voies, j’hésite sur celle à prendre, je me suis déjà tant perdu.
Vous voyez quatre voies. Y’en a-t-il une que vous décidez de prendre ?
X : Oui, celle de droite ! Même si je ne suis pas sûr.

[S’ensuit quelques minutes durant lesquelles X, dans son imagination, suit cette voie sombre, qui lui fait faire trois demi-tours. Je lui demande alors s’il y aurait quelque chose, quelqu’un, un indice qui pourrait l’aider mais il ne semble rien y avoir tandis qu’il reste seul à marcher. Comme il ne se passe toujours rien, je lui suggère alors de faire « comme si vous saviez voler… pour prendre un peu de hauteur ».]

X : Je suis plus haut ; je vois tout le labyrinthe : Toutes les voies que j’ai prises et celles que je n’ai pas prises, et je vois aussi la seule qui mène à la sortie. Elle va tout droit et est plus lumineuse. Je suis passé devant mais ne l’avais pas choisie. Je m’y rends. J’y suis. Je veux maintenant prendre un moment pour comprendre pourquoi je ne l’avais pas remarquée et choisie avant.

[5 minutes passent…]

Que se passe-t-il ?
X : Je comprends ce que je n’ai pas vu, ce que j’ai fait faux, j’en comprends les raisons.
D’accord, et maintenant qu’aimeriez-vous qu’il se passe ?
X : J’avance sur cette voie, le sol est plus agréable. Aau bout, je vois de la lumière, une arche se dessine, je passe dessous.
Vous continuez à avancer ?
X : Oui, d’un côté une lumière noire et de l’autre une lumière bleue. Il est important que je reste à la lisière entre ces deux couleurs : je me concentre pour y rester.

[Quelques minutes passent puis :]

X : Je vois un long chemin qui monte devant moi. Je décide de rester là pour le moment, pour observer autour de moi. Je n’ai pas envie de le prendre trop vite, j’ai tout mon temps

[Encore quelques minutes ainsi.]

Et maintenant que faites-vous ?
X : Eh bien, comme j’avais envie de pouvoir observer mais plus de me perdre, je me suis accroché comme un cerf-volant à une corde reliée à cet endroit. Je regarde le chemin fait, je vois le labyrinthe, puis le chemin, et je vois que cette lisière entre bleu et noir est en fait un pont ! Et qu’il y a du vide de chaque côté !
Vous avez donc bien fait d’être prudent ?
X : Oui mais je ne l’ai pas été assez car je n’étais pas conscient du vide. Pas assez conscient du danger.

[Encore quelques minutes durant lesquelles il reste là à observer et analyser.]

Et maintenant ?
X : Maintenant il y a trois personnages, et celui qui était pilote est poussé comme co-pilote par les deux autres. Il n’est pas content de cela.
Trois personnages ? Et qui sont-ils ?
Le client : Deux représentent l’intuition et la perception, ce sont les pilotes. Le 3ème, celui qui est maintenant le co-pilote, est le rationnel, le conscient.
Et celui-ci comprend-t-il son rôle ?
X : En fait, les deux autres lui disent qu’il est un excellent navigateur mais pas le meilleur des pilotes… Que les pilotes compétents ce sont eux !
Et où se trouvent ces personnages ?
X : Dans une capsule, à l’intérieur de moi. Elle monte et descend entre ici et là [entre son abdomen et son cerveau indiquent ses gestes] selon les besoins.
Que font-ils maintenant ?
X : Le 3ème me dit qu’ils feront un bon boulot si j’arrête de faire l’andouille !

[Rires]

Et que lui répondez-vous ?
X : Oui, bien sûr, je le sais et suis d’accord et j’arrête de faire l’andouille !
Et avez-vous envie de reprendre ce chemin qui monte ?
X : Non, pas maintenant, j’ai envie de le prendre tranquillement, rien de pressé.
Parfait, alors quand vous le désirez, vous reprenez contact avec l’ici et maintenant

[Fin]

La beauté de ce travail est que non seulement X est sorti du labyrinthe dans lequel il se trouvait depuis quelques mois mais, qu’en plus, il a décidé de prendre le temps de comprendre ce qui faisait qu’il ne trouvait pas la sortie !
Et que lorsque il a trouvé la ressource qui lui manquait « prendre de la hauteur, avoir une vision plus large », il l’a réutilisée spontanément (en se transformant en cerf-volant) afin d’analyser son parcours !
Puis il a compris comment « piloter » le plus efficacement possible.

Le lendemain matin, j’ai reçu un courriel indiquant sa grande satisfaction, qu’il était plein d’énergie, confiant et passait enfin à l’action pour atteindre son objectif.

Ce que j’aime dans cette technique, c’est que l’accompagnant n’intervient presque pas : C’est le client qui écrit sa propre histoire. Mon rôle se limite à le guider (un peu) par certaines suggestions (qu’il prend ou qu’il laisse) et à l’accompagner par mon écoute et ma présence.

Magnifique, non ?!